Publiée par DEV’UP en décembre 2025, cette étude dresse un panorama de l’industrie pharmaceutique en région Centre-Val de Loire, replacée dans son contexte mondial et national. Elle s’appuie sur trois niveaux d’analyse (sectoriel, élargi et conventionnel) pour cerner un périmètre complexe, centré sur les laboratoires pharmaceutiques et les biotechnologies en santé humaine et mixte.
À l’échelle mondiale, le secteur reste dominé par les grands laboratoires américains : six figurent parmi les dix premiers, Johnson & Johnson en tête. Le français Sanofi est passé de la 6ᵉ à la 10ᵉ place. En France, l’industrie compte environ 260 laboratoires répartis sur 484 sites et 86 500 salariés en 2024. Malgré une baisse continue du nombre d’établissements depuis 1960, les effectifs progressent, traduisant un mouvement de concentration. Les laboratoires français se recentrent sur l’innovation thérapeutique, cédant leurs activités grand public (Sanofi avec Opella/Doliprane, Ipsen) pour se spécialiser dans l’oncologie, les maladies rares ou les biothérapies.
Une région stratégique
Le Centre-Val de Loire fait partie des quatre régions concentrant 63 % des effectifs nationaux. Avec 63 établissements et 10 660 salariés, l’activité se concentre dans trois départements : l’Eure-et-Loir (près de 40 % des effectifs, porté par Novo Nordisk et son site de Chartres), le Loiret (31,7 %, avec Servier, Delpharm, Merck) et l’Indre-et-Loire (façonniers Fareva, Delpharm, Astrea, et Sanofi). Les modes de production sont variés : production de principes actifs, façonnage pour tiers, production hybride et propre compte. Les dix premiers employeurs concentrent plus de 62 % des effectifs, et les groupes étrangers (21 établissements) emploient plus de 47 % des salariés.
Des atouts économiques et humains
La région se hisse au 3ᵉ rang national des exportations pharmaceutiques (15,5 % du total français), avec 5,8 Md€ exportés en 2024 et une balance commerciale très excédentaire (+3,5 Md€). L’emploi y est plus qualifié, plus féminisé (48,7 % de femmes) et mieux rémunéré que dans le reste de l’industrie, avec des écarts salariaux hommes-femmes plus réduits. Près de la moitié des salariés sont diplômés du supérieur.
Investissement, innovation et accompagnement
Sur quatre ans, 42 projets ont été annoncés (2,6 Md€, 2 000 emplois), portés notamment par l’investissement record de Novo Nordisk (2,1 Md€ à Chartres). L’écosystème de R&D combine recherche externalisée (CRO/CDMO), recherche intégrée (Ipsen, Servier), startups deeptech (LovalTech, Harmonix, CXS Therapeutics) et recherche publique (CNRS, universités de Tours et Orléans). La filière bénéficie du plan France 2030, de formations dédiées (Groupe IMT, Bio3 Institute), du cluster Polepharma, du Grepic et de l’accompagnement de DEV’UP à l’international.
Un moment charnière
L’étude conclut que la région se trouve entre héritage industriel et ambition d’innovation, incarnant une réponse concrète aux enjeux de souveraineté sanitaire. La poursuite des investissements, le renforcement des coopérations et le soutien à l’innovation conditionnent sa capacité à rester l’un des piliers de la pharmacie française de demain.
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