HISTOIRE – 20 mai 1955 : le CEA est reconnu « Maître d’œuvre en matière d’armement atomique ».

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Le 20 mai 1955, à Paris, trois ministres du gouvernement d’Edgar Faure apposent leur signature au bas d’un document destiné à demeurer secret pendant des décennies. Le protocole, rédigé sous le sceau du « secret défense », acte la reconnaissance du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) comme « maître d’œuvre du programme d’armement atomique » national.

Les signataires sont, selon plusieurs sources concordantes, Gaston Palewski, ministre délégué à la présidence du Conseil exerçant la tutelle sur le CEA, le général Pierre Kœnig, ministre de la Défense nationale et des forces armées, ainsi que Jean Gilbert-Jules, qui signe au nom du ministre des Finances et des Affaires économiques, Pierre Pflimlin. Le protocole stipulait qu’en raison du caractère d’intérêt national du programme arrêté, le budget de la Défense contribuerait pour 20 milliards de francs à son financement. La maîtrise d’œuvre unique du CEA sur le programme était confirmée, mais l’institution militaire y fut étroitement associée par la création de commissions mixtes armées-CEA, ainsi que par la nomination de représentants de l’institution militaire à des fonctions de responsabilité au sein du CEA.

Couvrant la période 1955-1957, ce premier protocole donne pour la première fois une coloration explicitement militaire à un programme nucléaire français jusque-là présenté comme purement civil. Il intervient dans un contexte international tendu, marqué par la course aux armements entre les deux Grands, la fin récente de la guerre d’Indochine, le début de la guerre d’Algérie et le rejet, l’été précédent, du projet de Communauté européenne de défense (CED). À travers ce texte, la France pose les bases administratives, financières et organisationnelles d’un programme qui aboutira, près de cinq ans plus tard, au tir « Gerboise bleue » du 13 février 1960 dans le désert algérien.

La Direction des Applications Militaires (CEA/DAM) au  cœur de la dissuasion française.

La dissuasion nucléaire française depuis De Gaulle – Actes du colloque des 26-27 novembre 2024.

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