Le gouvernement français a annoncé ce jour le lauréat d’un appel d’offres inédit dans le domaine de l’observation satellitaire : c’est la société Loft Orbital, en partenariat avec Magellium Artal Group, qui a été retenue pour démontrer de nouvelles capacités d’imagerie terrestre à haute fréquence de revisite. Une décision portée conjointement par Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, Roland Lescure, ministre de l’Économie, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement en charge de France 2030.
Une ambition stratégique pour le New Space français
À l’heure où la filière spatiale mondiale connaît une transformation profonde, la France entend ne pas laisser passer le tournant. Depuis 2022, le plan France 2030 a fait de l’espace un axe prioritaire, avec une doctrine claire : soutenir les acteurs innovants du New Space, investir dans les technologies de rupture et concentrer les financements publics sur des besoins utilisateurs concrets et des marchés à fort potentiel.
C’est dans ce cadre que le Centre national d’études spatiales (CNES), mandaté par l’État pour piloter la commande publique spatiale du plan, a conduit l’appel d’offres qui vient d’aboutir. Bpifrance, de son côté, assure le volet subventions du dispositif.
Une constellation de dix satellites, un service inédit
Le projet porté par Loft Orbital est ambitieux : déployer une constellation de dix satellites multi-senseurs capables de fournir des images de la Terre à haute résolution, avec une fréquence de revisite élevée et à un coût maîtrisé. L’originalité du projet réside notamment dans la présence de plusieurs instruments à bord de chaque satellite, une architecture qui ouvre la voie à des usages innovants et à une exploitation croisée des données.
Le service visera en priorité des applications de suivi d’activités et de détection de changements, pour lesquelles la réactivité et la fraîcheur de l’information sont déterminantes. En clair : savoir ce qui se passe sur Terre, vite, souvent et avec précision.
Un calendrier serré, des débouchés institutionnels immédiats
Le premier satellite devrait être opérationnel dès fin 2026, et la démonstration complète de la constellation est attendue fin 2027. Le programme prévoit ensuite une phase de démonstration du service d’une durée d’un an, reconductible deux fois.
Les débouchés institutionnels sont d’ores et déjà identifiés : le ministère des Armées et la sécurité civile — relevant du ministère de l’Intérieur et du Secrétariat général de la mer — figurent parmi les clients d’ancrage prioritaires. Des usages qui témoignent de l’utilité opérationnelle attendue du dispositif, aussi bien pour la défense nationale que pour la gestion des crises et des catastrophes naturelles.
Complémentaire des missions souveraines existantes, cette constellation commerciale constitue un jalon supplémentaire dans la montée en puissance d’un écosystème spatial français capable de rivaliser à l’échelle mondiale.



