Après six mois de travaux, 45 auditions et 112 personnes entendues, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique a adopté son rapport le 8 juillet 2026. Présidée par Philippe Latombe (député de Vendée) et rapportée par Cyrielle Chatelain (groupe Écologiste et social, à l’initiative de la commission), l’instance transpartisane livre une cartographie inédite de la dépendance française aux géants américains du numérique et formule 18 recommandations et 29 propositions pour en sortir.
Le rapport s’ouvre sur un constat : les dépendances numériques, longtemps « silencieuses », sont devenues un levier de menace au même titre que l’énergie ou les droits de douane. Le second mandat de Donald Trump, entamé en janvier 2025, marque selon les députés une rupture dans les relations transatlantiques. La stratégie de sécurité nationale américaine publiée en décembre désigne l’Union européenne comme un « ennemi de la liberté », tandis que plusieurs dirigeants de la tech sont devenus des acteurs politiques à part entière – le rapport cite notamment le manifeste pour une « République technologique » publié en avril 2026 par Alex Karp, PDG de Palantir. Dans son avant-propos, Philippe Latombe, qui alerte sur le sujet depuis 2021, regrette « qu’il ait fallu attendre l’ère MAGA » pour que la classe politique s’empare de la question, et déplore le faible écho médiatique des travaux.
La commission identifie six familles de vulnérabilités : les ingérences informationnelles et la désinformation, décuplées par l’intelligence artificielle ; les cyberattaques ; la concentration croissante des données dans le cloud ; la monétisation des données personnelles ; le verrouillage des utilisateurs (« vendor lock-in ») ; et la dépendance aux infrastructures physiques et composants clés, dont plus de la moitié des exportations mondiales proviennent de trois pays asiatiques.
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